Kyriaki Costa

21st century Iconoclasm

Kyriaki Costa

Iconoclasme du 21e siècle (2011-2012)
Vidéo statique, 6 photos, 24 x 30 cm.
Installation vidéo: 2 films, 1 min chacun, en boucle

 

Séquence visuelle composée de six photos et d’une vidéo montrant des monuments célèbres (constructions ou personnages) d’origine européenne ou non, le projet commence par troubler le spectateur. Faut-il y voir la manifestation d’une symbiose, ou celle d’un désordre ? De ce dilemme émergent les notions de fluidité et de mobilité. L’artiste s’est autorisée à déplacer les monuments pour créer un lieu imaginaire (dans son esprit ? dans son cœur ?) où tout est harmonieux. Un rêve est né.


Un hélicoptère emporte un monument vers un lieu inconnu. La focalisation du spectateur ne devrait pas être sur la destination mais sur le processus qui donne un autre contexte à l’héritage culturel, en en réécrivant l’histoire dans un but commercial.
Une identité européenne commune qui entretient des coutumes et traditions locales est ici présentée comme un sujet de conflit.

C’est avec la même logique que Costa a créé l’anagramme du tampon ‘Rebuplic of Crypus Qualyti Porducts’. Un tampon (ainsi que l’acte répétitif de tamponner) évoque la production de masse, l’arbitraire labellisation des produits et la perte de la singularité d’un produit dans la production industrielle. Les monuments deviennent de tels produits.

En revenant à ces racines, Chypre, Costa choisit des monuments ainsi que l’iconique sculpture de l’archevêque Makarios III pour refléter, en sens inverse, l’impact qu’ils pourraient avoir sur l’ile et la mémoire historique des habitants. Les monuments et le paysage se noient, ce qui pourrait s‘interpréter comme un processus de nettoyage du fardeau que constitue l’entretien de l’héritage culturel.

http://www.kyriakicosta.net

Mon histoire européenne

Je suis née à Chypre de parents chypriotes. A 18 ans, j'ai quitté l'île et je suis partie étudier l'art en Grèce et au Royaume-Uni pendant six ans, avant de regagner Chypre pour m'y établir et y travailler.

L'histoire de mon pays n'a pas été laissée au hasard. Pourtant, ça me plaît toujours d'habiter Nicosie, la capitale insulaire et la plus grande ville chypriote, mais aussi la seule capitale divisée au monde. Je suis une artiste visuelle indépendante. Les questions sociales, politiques et culturelles, ainsi que les préoccupations individuelles, m'intéressent particulièrement et mon travail analyse les problèmes qui y sont liés. Mon travail reflète inévitablement l'éternelle situation politique complexe à laquelle le pays dans lequel je vis doit faire face.

Néanmoins, il est important, à mes yeux, de prendre de la distance avec son lieu de résidence (dans mon cas, un petit pays, relativement jeune) et d'interagir avec d'autres, de confronter ses opinions, ses inquiétudes et ses peines à celles des autres au sein d'un cercle artistique plus large. Notre adhésion à l'Union européenne a soudain rendu tout cela possible, en repoussant les frontières physiques et en ouvrant d'autres voies de communication avec les artistes et leurs communautés à travers tout le continent. De tels contacts et mes déplacements dans les autres pays membres ont enrichi l'idée que j'ai de mon identité en tant que citoyenne d'une grande communauté.