Kennedy Browne

How Capital Moves

Kennedy Browne

Mouvements de fonds (2010)

Installation vidéo sur deux canaux, 26 min, en boucle

C'est une installation qui porte sur la précarité du travail dans le système capitaliste de ce début de siècle et dans l'économie mondiale. Elle montre des employés de l'informatique, aux profils différents mais tous mécontents, qui nous racontent leur expérience personnelle du travail. L'acteur polonais Tomasz Mandes nous fait entendre la voix de bien des salariés. Kennedy Browne a rassemblé des messages authentiques issus d'un forum en ligne sur lequel s'exprime le personnel informatique pour en faire un script. Récemment, Kennedy Browne a notamment présenté son travail au pavillon irlandais de la 53e Biennale de Venise en 2009, à la fondation Kadist de Paris en 2010 et à la Biennale du Caire en 2010.

http://www.kennedybrowne.com

Mon histoire européenne

Gareth Kennedy et Sarah Browne sont des citoyens de la République irlandaise. Kennedy vient de la côte ouest de l'île et Browne, de l'est. C'est une coïncidence mais tous deux ont passé une grande partie de leur enfance au centre de l'île, région dans laquelle le père de Kennedy travaillait et le père de Browne est encore agriculteur. En grandissant dans les années 1980, ils ont vu l'Irlande traverser une période de récession, puis s'en sortir péniblement en s'ouvrant aux mouvements de la mondialisation et au libre-échange dans les années 1990, l'âge du Tigre celtique, alors qu'un homme politique marquait les esprits en affirmant que l'Irlande était « plus proche de Boston que de Berlin ». Ainsi, à la différence de nombre de leurs aînés, ni Kennedy, ni Browne n'ont dû émigrer pour trouver du travail : leur grande mobilité a été autant un choix qu'un privilège. La sélection des itinéraires qu'ils empruntent et des zones géographiques européennes qu'ils explorent est largement influencée par la préférence de Ryanair pour les aéroports secondaires, qui va de pair avec la curiosité toujours intacte que suscitent les régions dites périphériques chez Kennedy et Browne. Ils ont appris à voyager léger, avec un bagage à main de dix kilos ou moins. L'intérêt qu'ils portent à ces régions périphériques enrichit encore aujourd'hui leurs vies personnelle et professionnelle. Pour contraster avec leur existence péripatétique liée à leur activité sur la scène de l'art contemporain (ils ont participé aux Biennales de Venise, de Poznań, de Łódź et du Caire), Kennedy et Browne se sont essayés à un autre mode de vie en se nourrissant pendant trois ans grâce à leur culture vivrière dans la zone rurale du nord-ouest de l'Irlande.